Trois personnages, Garcin, Inès et Estelle se retrouvent, à leur mort, projetés par un garçon d'étage
dans une même pièce privée de miroir, pour l'éternité. Alors débute un procès à huis clos où chacun
devient miroir déformant, juge et obstacle aux désirs des deux autres.
Jean-Paul Sartre illustre ainsi son enfer où le châtiment consiste à être constamment exposé au
regard des autres. "L'enfer c'est les autres", dit-il, mais "les autres sont un enfer non parce
qu'ils seraient mauvais mais parce que leur regard peut me transformer en objet et limiter ma
liberté."
Écrite en 1943, cette pièce n'a pas pris une ride. Avec "Huis clos", Sartre semble avoir prophétisé
la logique des réseaux sociaux. "L'enfer c'est les autres" résonne aujourd'hui comme l'enfer des
sociétés numériques, de la visibilité continue, de la mise en scène de soi et du jugement d'autrui.
Sartre nous met en garde : "Quel que soit le cercle d'enfer dans lequel nous vivons, je pense que
nous sommes libres de le briser."
Théâtre du Cube noir, 67200 Strasbourg